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Une grève de la faim pour sauver un vestige de mémoire de la Grande Guerre

Le tout dernier baraquement du US TANK CORPS (Capitaine PATTON – 1917) au camp de BOURG (Haute-Marne), démobilisé en même temps que ses soldats, après 92 années de bons et loyaux services artisanaux dans le transport civil puis la réparation en électricité automobile, est menacé de disparition imminente à la fin de ce mois.

Ce que le temps n’a pas pu détruire, la bêtise peut en venir à bout.

La Grande Histoire

À partir d’avril 1917, les Etats Unis, déjà logistiquement et financièrement impliqués depuis deux ans dans le conflit, se battent aux côtés de l’Entente, par idéal de Liberté, pour la Civilisation et l’Humanité. 1 906 000 soldats américains vont rejoindre progressivement les quelques volontaires présents depuis le début du conflit.

Le matériel et l’armement, de même que les instructeurs pour préparer les troupes à la guerre de tranchées, ont surtout été fournis par la France et l’Angleterre.

Afin de compléter la formation des troupes américaines qui arrivent en France, le Général Pershing a rassemblé autour de Chaumont un nombre impressionnant d’écoles, dont l’école américaine des chars légers à BOURG, confiée au (nouvellement promu) capitaine Patton.

Beaucoup de Français, après leur démobilisation, ont été employés dans les camps américains, selon leurs compétences et spécialités, dont des mécaniciens, expérience qui orienta leur retour à la vie civile.

En particulier, nombre d’entre eux, après la liquidation du camp de Bourg, ont « reconverti » la flotte impressionnante de véhicules laissés sur place pour les réaffecter à une utilisation civile. Certains devinrent artisans transporteurs à Langres, Longeau et bien d’autres communes.

Ce fut le cas pour Albert LANG (classe 16) qui s’installa à cette époque en créant une des (la ?) première(s) activité(s) artisanale(s) autorisée de l’Avenue Turenne à Langres dans un grand baraquement de 300 m² transplanté depuis le camp en 1925, pour y établir son entreprise de transports, avec des camions rachetés à l’armée US.

Une association mémorielle, Le Dernier Carré, a été fondée pour sauver ce baraquement de la destruction et l'affecter à un but culturel ou social. 

Le projet consistait à :

- réhabiliter ce grand local autour de son ossature bois (valorisant ainsi les techniques de la filière bois), dans les normes optimales actuelles de l’écoconstruction, à finalité de réaliser une salle d’exposition, un « musée » de la présence américaine en Haute-Marne pendant la Grande Guerre , qui serait ouverte aux collectionneurs, historiens,,associations passionnées de cette époque, et pouvant accueillir des expositions à thème temporaires (La Guerre
de 1870-1871, Langres à la Belle-Epoque, Les Haut-Marnais mobilisés et la Grande Guerre, la vie de la population civile…), et d'autres évènements culturels ;

- pour rendre viable l’entretien du local, offrir à de jeunes artisans ou entrepreneurs désireux de s’installer des cellules modulables en loyer très modéré.

Avant même le devoir de mémoire, un fort sentiment de reconnaissance animait les sympathisants de tous âges et de tous bords à cette idée.

Mais le veto sans appel de la mairie de Langres a mis fin à toutes les initiatives.

L’histoire sordide

2014 : la propriétaire de la maison voisine, s’étant laissé convaincre que le chéneau dégradé de l’atelier avait causé des dégâts sur son mur, a saisi le Tribunal de Grande Instance - et l’expert désigné a conclu, non seulement que l’unique cause en était la non-conformité du dispositif de collecte des eaux de sa propre toiture, mais que s’y ajoutait la déviation volontaire des eaux de la voirie municipale, ceci depuis près de 30 ans.

Constatations qui n’ont pas empêché l’expert, personne non autorisée et sans mandat, mais aiguillonné par la partie adverse, de prendre de son propre chef, et sans en référer à quiconque ayant droit décisionnel, et aucunement au juge, de faire effondrer dès le matin du 23 décembre 2014 – soit moins de 20 h après l’expertise - le tiers arrière de l’atelier. Ce qui est constitutif d’un délit.

Plainte a donc été déposée devant Monsieur le Procureur de la République pour dégradation volontaire du bien d’autrui, arrachage de bornage et vol.

A ce jour, plus de 16 mois après, aucune suite n’est donnée.

La Communauté de Communes du « Grand Langres » qui a depuis des décennies des visées sur l’emplacement, s’appuie abusivement sur cette très lourde démolition (ce vandalisme !) pour asseoir son argumentaire en vue de faire abattre à une date imminente le reste de l’immeuble, ceci avant que les constatations des actes dénoncés ne soient faites. Elle se refuse en outre à faire son devoir de police et à enquêter sur les circonstances de la destruction pénalement condamnable.

Il est en parallèle établi que la Ville de Langres veut de toute urgence acquérir ces parcelles pour ses travaux d’urbanisme des mois prochains, projets qui ne peuvent relever d’une procédure d‘expropriation par défaut d’intérêt public. Il lui faut donc user d’un moyen détourné.

Quatre arrêtés de péril se sont succédé, tous faisant l’objet de saisine du Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne.

Afin de priver les propriétaires de cette voie de recours – dont l’exercice est un droit fondamental qui ne peut leur être retiré - et sans en attendre l’issue, la Communauté de communes vient d’exiger et d’obtenir du Tribunal de Grande Instance de CHAUMONT la destruction immédiate de l’immeuble. Le jugement n’est pas signifié à ce jour 14 juillet 2017, mais c’est une question de jours.

Raison pour laquelle, avant de saisir la Cour européenne des Droits de l’Homme contre l’Etat français (substitué à ces élues et à la Préfecture), l’une des propriétaires, M-H. M. , ne voit à ce jour aucune autre solution pour arriver à faire valoir sa qualité de justiciable qu’une grève de la faim, qu’elle a entamée le 29 juin à son domicile personnel.

Elle aurait voulu rester dans son baraquement, mais le quartier, affreusement bruyant le jour, est assez mal fréquenté et insécure de nuit pour une personne isolée et vulnérable Outre le fait que de hautes et trop lourdes barrières en interdisent l’accès, on n’y disposerait d’aucun réseau de communication.

Un journaliste local qui suivait l’affaire depuis des mois, a été « invité » à se taire.

Depuis, rien ! Il est établi de source sûre que l’enquête est incomplète. Ainsi l’expert, dont la responsabilité est pourtant prouvée, et reconnue par la Communauté de communes, n’aurait pas été entendu…et l’appareil photo des gendarmes est tombé en panne !

Convoquée le 12 juillet dernier par la Gendarmerie de LANGRES, la propriétaire espérait avoir enfin communication de la suite donnée à sa plainte.

Rien de tel.

Elle se retrouve aujourd’hui mise en cause pour « non-respect » d’un arrêté de péril du juin 2016 (lequel, pourtant, est encore à l’examen devant le Tribunal administratif de Châlons-en-Champagne).

Audition assortie du GRAND JEU, dont l’incitation à se soumettre aux photos anthropométriques et aux relevés d’empreintes digitales, ce qu’elle a fermement refusé, bien que cela soit un délit et qu’elle prenne ce faisant des risques de condamnation.

Si les délinquants qui ont détruit son bien et volé ses bois de charpente sont bien passés à travers les gouttes, elle n’entend pas être traitée comme une moins que rien.

N’y a-t-il pas dans ce pauvre pays des choses plus sérieuses, des terroristes, des violeurs d’enfants, des assassins de petites grand-mères, pour trouver le temps de chercher à humilier une femme de son âge ? Ces pratiques de harcèlement, qui ne sont pas sans rappeler certaines années sombres, fleurent bon leur chasse aux sorcières.

Elle n‘en veut pas à la Gendarmerie. Ces militaires sont aux ordres. Mais le problème se pose de prétendre qu’il y a une Loi et une Justice contre ceux qui ne sont coupables de rien, et ne sont à proprement parler pas une grande menace à ficher, et une autre Loi, une autre Justice pour les élus locaux, leurs collaborateurs irresponsables, et les experts sans états d’âme à la moralité élastique.

Un avenir à cette histoire ?

En conséquence, M-H. M. a entamé le 29 juin 2017 une grève de la faim afin que :

- les responsables du massacre, parfaitement identifiés mais protégés, soient poursuivis et traduits en justice, que les matériaux anciens soient restitués, les dégâts remboursés, les gravats déblayés, afin que des travaux de confortement puissent être entrepris par ses soins sur l’atelier, puis que la structure soit proprement démontée par des professionnels, pour que les éléments récupérables puissent être réutilisés (par exemple donnés à un écomusée, une association…). 

- la ville reconnaisse ses malfaçons volontaires et le préjudice causé par près de 30 ans de privation de jouissance paisible de l’immeuble.

Une pétition est en ligne sur le site change.org :

Condamnation des destructeurs du dernier baraquement des US TANK CORPS (1917 - 1919)

La propriétaire encourage toutes diffusions de cette affaire, et l'association est ouverte à tous conseils de professionnels de l'architecture bois, toutes suggestions et propositions pour le sauvetage et le démontage de ce qui peut encore l’être de la grande et belle ossature de ce pauvre baraquement aujourd’hui centenaire.

Contact : lederniercarre@yahoo.fr


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4 réactions à cet article    


  • Bernie 2 Bernie 2 15 juillet 14:59

    Bonjour Marie Hélène,

    Ça ne vous dérangera donc pas si je prends votre part de purée pour finir mon jambon.

    Merci


    • pallas 15 juillet 16:39
      Marie-Hélène MAIRE

      Je ne vais pas être méchant, mais je n’ai que faire des vestiges du passé.

      Sa ne me concerne pas, ne me représente pas, juste des chaines sur moi, le passé n’existe pas, pas même l’avenir d’un soit disant bonheur, il n’y a que moi qui compte, le reste n’est que mystification.

      C’est amusant ceux qui font grèves de la faim pour des choses du passé insignifiant

      Salut


      • Gasty Gasty 15 juillet 19:13

        Vous défendez quoi exactement ? Le dernier baraquement des US TANK CORPS ou bien M-H. M. qui a entamé une grève de la faim pour que la structure soit proprement démontée par des professionnels, ou bien réhabiliter le local en place pour en faire un musée et par là même faire de ce quartier, affreusement bruyant le jour et mal fréquenté la nuit ,un endroit accueillant ?

        Quel est l’enjeu ? Déplacer, garder, défendre, s’opposer...


        • Gasty Gasty 15 juillet 19:23

          Vous savez Marie Hélene, mon quartier ou j’habitais quand j’étais gosse...j’ai du mal à le reconnaitre.
          Et puis, les conseilleurs ne sont pas les payeurs.

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